Pourquoi on se trompe souvent de problème
Dans mon travail de coach, je vois souvent la même situation : un conflit éclate, un collaborateur se retire, une équipe semble bloquée. Et très vite, la première question que l’on pose est : qui est responsable ?
La systémie nous apprend à changer de regard. Le problème n’est presque jamais dans une seule personne. Il est dans les interactions, dans les boucles invisibles, dans la dynamique du système.
Gregory Bateson : le problème n’est pas dans l’individu
Gregory Bateson, anthropologue et penseur de la systémique, disait : “le problème n’est pas dans l’individu, mais dans la relation”.
Autrement dit : un comportement prend sens dans son contexte. Il est toujours la réponse, parfois maladroite, à l’environnement dans lequel il se produit.
Dans une organisation, cela change tout :
- Un conflit n’est pas “le problème d’un collaborateur”.
- Un désengagement n’est pas “un manque de motivation”.
- Une résistance n’est pas “un caprice”.
Ce sont souvent des signaux : le système envoie un message que personne n’a encore entendu.
Observer, ajuster, transformer
Observer ces interactions, ajuster le cadre, poser une question différente… parfois, c’est tout ce qu’il faut pour transformer une dynamique figée.
La systémie ne cherche pas à punir. Elle cherche à comprendre, à libérer l’énergie du groupe et à créer un espace où chacun peut agir sans être écrasé par le système.
Ce regard change la posture du coach ou du manager. On ne cherche plus un coupable. On cherche à comprendre la logique des interactions, à identifier les patterns qui se répètent, les non-dits, les alliances invisibles.
La solidité d’une équipe ne tient pas à la perfection
Au fond, ce n’est pas la perfection qui fait la solidité d’une équipe. C’est sa capacité à observer ses propres mécanismes et à les ajuster ensemble.
Penser en système, c’est accepter la complexité sans s’y perdre.
C’est sortir de la simplification rassurante.
C’est choisir la responsabilité partagée.
